Publié le mardi 30 septembre 2008

Le bonheur

30 09 2008

Ludo : "Tu verras Max, ca va aller crescendo"

Ce matin, grand soleil.

Il doit y avoir 250 km jusqu'a Sapa. Je descends a la reception prendre des infos. Je sais que je dois traverser un fleuve en barque. Vu l'etat des routes hier, j'imagine celui des fleuves. L'hotenencier appel pour moi la ville du fleuve que je dois franchir ; aucun probleme.

C'est tout ce que je voulais savoir. Je refais mon sac. Ca prend un peu de temps car hier je l'ai entiererment vide pour faire secher mes affaires. Je prends un gros petit-dej et decole. Je m'etais fixe 8h, il est 8h15. Ca va. J'ai fais la grace mat' ce matin, mais il me faut quand meme 10h de jour histoire d'etre tranquille, et rouler la nuit sur ces routes ... c'est vraiment galere.

Je fais 1 km et ... la route est coupee. Pas barree, coupee. Un tractopelle est en train de faire un semblant de chemin. Je discute avec un americain qui est la depuis une demie heure deja. J'ai une russe, 250km a faire, j'ai pas vraiment le temps de camper ici. Quelques temeraires ce sont fait un passage a flan de montagne. Je vais voir le flic qui barre la route et je force un peu le passage lui montrant ma moto. C'est partie.

Oh la galere! C'est clair, je ne suis pas motard. Il va falloir que je fasse un petit stage a Courinthe. Le truc est super super raide, glissant, ... L'epreuve. On s'aide chacun son tour a passer les motos, en les poussant, en les tirant,... tout les trucs qui finissent en "ant". Et on glisse, et on tombe, ...

Ca y est! Je suis de l'autre cote. Ce sera mon Everest a moi. Il est 9h et j'ai fait 50m. Elle commence bien cette journee. Alle mon p'tit Max. Tu sais pas ce qu'y t'attend derriere, appuie un p'tit peu.

J'appuie. Pendant ... 30 bornes. Quelques barrages de boue, quelques routes-rivieres a traverser, .. la routine. C'est quand meme plus cool que la veille et en plus il fait beau.

Et 30 km apres donc, ... mon p'tit paradis n'avais qu'a bien se tenir. En effet, ca va crescendo. Quand Ludo m'avait dis ca, j'etais a Mai Chau. Vu comment c'etait beau, j'etais reste sceptique. Mais ...  Je fais le constat suivant : Tu es tout seul, au Vietnam, sur une moto, il fait beau, rien ne t'oblige, rien ne te presse, rien ne t'attend et ... et ca. Sous tes yeux, ca : le Bonheur.

C'est aussi beau que le petit hameau a Mai Chau, mais ca a la taille d'une region. Et comme si ca ne suffisait pas, les gens ... au Vietnam, pas mal ont des petites etoiles dans les yeux, au fond. Ici, leurs yeux en sont remplis. Lorsque je m'arrete pour prendre une photos, c'est tellement paisible, ils sont si accueillant ; je dois m'arracher de la terre pour remonter sur la moto, me forcer, me raisonner pour repartir a chaque fois. Si un jour je disparaissais, venez chercher par ici. J'en verse une petite larme ; on dira que c'est le vent sur la moto.

Et ca dure, ca dure, ... Je m'offre le luxe de me tromper de chemin. J'arrive a Quynh Nha. En fait j'etais sense tourner avant, mais ma carte est assez incomplete ce qui m'avait laisser penser que je devais y passer. Souvent les villes un petit peu grande en montagne son assez sales, assez ... pas tres belle, quoi. La, c'est comme un gros village. Bien sur ce n'est pas tres propre (comme un peu partout au Vietnam) mais ca a un charme fou. Je m'y fais une petite halte, oblige.

Et puis, je repars, sur la bonne route. Je mange un morceaux a Than Uyen. J'en profite pour appeler Tung, un ami de Ludo chez qui j'aimerais bien dormir ce soir. Il me dit qu'il n'y a pas de probleme et qu'il faut que je le rappel une fois a Sapa, car il habite dans un petit village a 7 km.

J'ai pas mal flane en chemin et il commence a se faire tard : 15h45. Il fait nuit dans 2h15 et il me reste 80 km. Aie!

Je me force a avancer. A part quelque pause photos, la route est bonne voir tres bonne et j'ai un tres bon rythme.

Depuis que j'ai la Minsk, l'embrayage est un peu dure, tellement que j'ai 2 ampoules a la main gauche; mais bon moi je me dis que c'est une russe et donc que c'est normal. Avant Sapa, il y a un grand col a monter et a redescendre. Je m'y attele. Les vitesses deviennent de plus en plus dures a passer. Ludo m'avais dit qu'il y avait des chances pour que mon cable d'embrayage se desserre. Au premier garage que je vois, je m'y arrete et j'y met un coup de cles.

Durant la montee, je m'arrete prendre une photos. Impossible de repartir. Le cable est tellement detendu que les vitesses ne passent plus et ... Tiens ?! la visse qui tiens la poignee n'a plus sont ecrou. Oh la galeeeeeerrrre ! Si je perds cette visse, je peu dire adieu a mon embrayage. Je me mets dans le sens de la descente, joue un peu avec l'accelerateur, embraye ce que je peux et Clac!, la 1ere est passee. Ouf. Donc maintenant, fini les photos.

Je continue la grimpette, le majeur gauche appuye sur la visse en restant le maximum en 3eme, faudrait pas que je flingue la boite en plus. J'arrive au col. Il fait super froid, et il commence a faire sombre. Les petites cahutes sont vides. Alle, pas grave, je retendrai le cable en bas, a 15 km.

15 km. 15 km jusqu'a Sapa, 15 km de galere, de galere internationale. Il fait nuit a present. Il pleut, et pas qu'un peu, il caille, et mon embrayage est quasi inexistant, et j'ai la main gauche en feu, sans parler du doigt que je tiens serre contre la visse, au milieu des trous et des bosses de cette route, qui n'a vraiment rien d'une route.

J'arrive a Sapa. Le moral remonte un peu. Je retends le cable. C'est pas la fete, mais c'est un peu mieux. C'est comme avant quoi. Il faut que je force sur la poignee mais les vitesses passent. Direction le village de Tung, Tan Va.

La route est pas trop mauvaise. Des passages bien boueux, des routes rivieres, mais rien de bien mechant. Juste que je m'enfonce je ne sais pas ou, sur ce que je suppose etre la bonne route, mais ... aucun panneau. Au fur et a mesure que j'avance la pluie diminue pour enfin ne plus etre. Et j'avance, dans le noir complet. Aucune motos, aucune voiture, personne, et bien sur pas de reseau. Je me dis que meme si je me suis gourre, ca doit bien mener quelque part. J'ai de l'essence, je peux passer les vitesses, et il ne pleut plus. Tout va bien donc. Alle, on continue.

18h30. C'etait la bonne. Chouette.